Règles du Jeu de Go

Le jeu de go (weiqi) en termes simples — les règles essentielles pour commencer à jouer

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Sommaire

  1. Présentation du go
  2. Matériel
  3. Placement des pierres
  4. Les libertés
  5. La capture
  6. La règle du ko
  7. Vie et mort des groupes
  8. Pointage et fin de partie
  9. Comment progresser

1. Présentation du jeu de go

Le jeu de go (围棋 wéiqí en chinois, 囲碁 igo en japonais, 바둑 baduk en coréen) passe pour le jeu de plateau le plus profond et le plus complexe jamais inventé. Apparu en Chine il y a plus de 2 500 ans (la légende le fait remonter à 4 000 ans), il compte aujourd'hui plus de 40 millions de joueurs à travers le monde, surtout en Asie de l'Est.

Le go doit sa renommée à deux choses. D'abord, ses règles sont d'une simplicité déconcertante, et pourtant elles engendrent une complexité stratégique infinie — le nombre de positions possibles dépasse de très loin celui des atomes de l'univers observable. Ensuite, il fut le dernier grand jeu à résister à l'intelligence artificielle : ce n'est qu'en 2016 que le programme AlphaGo (DeepMind) a vaincu l'un des meilleurs joueurs du monde, Lee Sedol.

Le go et l'IA :

La victoire d'AlphaGo contre Lee Sedol en 2016 a marqué un tournant historique. Contrairement aux échecs (où la force brute de Deep Blue avait battu Kasparov dès 1997), le go a exigé un apprentissage par renforcement profond, car l'espace de recherche est tout simplement trop vaste pour une approche exhaustive.

2. Matériel

Un ensemble de go se compose de :

À la différence du backgammon, les pierres se posent sur les intersections (les points) de la grille, et non à l'intérieur des cases.

3. Placement des pierres

Voici les règles de base du jeu :

Le but est de contrôler du territoire — des intersections vides entièrement cernées par vos pierres. Vous l'emportez si votre territoire, augmenté des prisonniers que vous avez faits, dépasse celui de l'adversaire (décompte japonais).

4. Les libertés (qi)

Chaque pierre, ou chaque groupe de pierres reliées, possède des libertés : ce sont les intersections vides qui lui sont directement adjacentes (à l'horizontale et à la verticale, jamais en diagonale).

Des pierres de même couleur qui se touchent forment un groupe. Le groupe partage les libertés de toutes ses pierres. Quand un groupe n'a plus aucune liberté, il est capturé.

5. La capture

Une pierre ou un groupe est capturé lorsque toutes ses libertés sont occupées par des pierres adverses. On le retire alors du plateau et on le garde à côté de soi (ce sont les prisonniers). En fin de partie, les prisonniers comptent en défaveur de l'adversaire.

Le suicide est interdit

En général, on ne peut pas poser une pierre qui se retrouverait aussitôt sans aucune liberté (ni seule, ni au sein d'un groupe) : c'est une « position suicidaire ». Une pierre qui capture des pierres adverses n'est jamais un suicide, puisqu'elle regagne aussitôt des libertés. Quelques règlements (néo-zélandais, par exemple) autorisent le suicide d'un groupe de plusieurs pierres, mais les règles japonaises et chinoises l'interdisent.

6. La règle du ko

Le ko est une règle qui empêche les répétitions. Dans certaines situations, les deux joueurs pourraient se capturer à tour de rôle à l'infini, ce qui créerait une boucle sans fin.

La règle du ko interdit de rejouer immédiatement une position qui vient tout juste d'exister. Si vous capturez une pierre et créez ainsi un ko, l'adversaire ne peut pas aussitôt recapturer pour retrouver la position précédente : il doit d'abord jouer ailleurs (poser ce qu'on appelle une « menace de ko »). Si vous répondez à cette menace, il peut alors reprendre le ko.

La gestion des kos est l'un des aspects les plus avancés du go professionnel.

7. Vie et mort des groupes

Un groupe est vivant si l'adversaire est incapable de le capturer, même en jouant le mieux possible. Pour l'être, le plus simple est d'avoir deux « yeux » — deux intersections vides distinctes, entièrement entourées par vos pierres.

Pourquoi deux yeux ? Parce que l'adversaire ne peut pas jouer dans les deux yeux en même temps. Jouer dans un seul des deux yeux serait un suicide, puisque la pierre posée n'aurait aucune liberté : le groupe garde donc toujours au moins deux libertés et ne peut pas être capturé.

8. Pointage et fin de partie

La partie s'achève par accord mutuel (deux passes consécutives). Le pointage final se calcule ainsi :

Le joueur qui totalise le plus de points gagne. Un komi de 6,5 (ou de 7,5 selon les règles) élimine toute possibilité de match nul.

9. Comment progresser au go

Le go repose sur un système de rangs : des débutants (30 kyu) aux professionnels (9 dan). Au début, la progression est rapide — en quelques mois de pratique régulière, on passe de débutant à 15 kyu.

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